2025
Naomi Gilon
Matthieu Michaut
Cécile Barraud de Lagerie
Pauline Rivière
François Patoue
Morgane Le Ferec
Tommy Lecot
Mia Brena-Minetti
1ND3X
Corey Bartle-Sanderson
Naoki Karathanassis
Pauline van der Ghinst
Elias Sanhaji
 
2026
Moeder House Musée
Léo Grégoire
Mia Brena-Minetti
Lieven Dousselaere
Inès Guffroy
1ND3X
Yemo Park
Louise Guerraud
Rokko Miyoshi
Ayoh Kré Duchâtelet
Estelle Bénazet Heugenhauser
Darius Zoltan
& more!
Bécanes Magazine
Nicolas Valckenaere
Tom Valckenaere
Corentin Canesson
Hélène Drénou
Hélène Bedouet
Maxime Fauconnier
Nienke Baeckelandt
Filip Collin
Hadrien Loumaye
Olivier Brems
Dieter de Hoolander
& more!

Grand Opening
MOEDER HOUSE MUSÉE
Inauguration
Group show
Book launch

En collaboration avec l’architecte Renaud Baecklandt, a§s invente le plus grand musée de Bruxelles: à travers un projet architectural à l’échelle 1:12, il s’agira de produire une collection d’art et de design miniatures au sein d’une institution pensée spécifiquement pour cet usage. Ce format vise à développer une histoire de l’art et de productions culturelles dégagées de leurs prétentions marchandes, et propose, par les caractéristiques plastiques des mondes miniatures, une alternative matérialiste non sans lien avec une économie du don déjà présente dans le projet a§s. 
        Inspirée des codes de la maison de poupée, cette structure en coupe permet de déployer une narration faite de propositions, d’oeuvres et d’évènements, concomittants—à la manière d’une planche de bande dessinée. Ce comic-strip-tease agit comme un miroir grossissant des enjeux propres aux institutions: quels récits se déploient à travers les multiples figures accueillies dans ces espaces.

Maison-Mère
Mother Museum
Mother House
Mother of Thousands
Mother of Thousands Museums MTM
Head Office
Head Museum
Main Museum
Head House
Moeder House
Mother, l’ia dans Alien
Muse Mother
House & Museum
Museum & House
H&M
Host
Moeder House Musée
MHM
 MHM
  M  

Si Kanal—Centre Pompidou est d’ores et déjà le musée le plus coûteux de Belgique, Moeder House Musée souhaite en devenir le plus majestueux. L’identité du musée entend affirmer cette institution comme une “maison-mère”— et le Musée comme Maison—, et tendre à expérimenter une économie du don dans l’art.
      La miniature constitue ici une réponse à la logique matérialiste inhérente à la production artistique et culturelle: elle cherche à fluidifier et à faciliter cette production par la modestie de ses formats. Valoriser cette économie, c’est proposer des formes concrètes et nouvelles qui échappent aux logiques dominantes du marché.


Lorsque j’observe des enfants construire des châteaux de sable sur la plage, je suis fascinée. Une matière première abondante, offerte sans condition, suffit à conjurer l’ennui. Très vite, iels identifient l'emplacement juste : là où les vagues s’arrêtent et où le sable, encore chargé d’eau, est dense et compact. C'est à cet endroit précis que la matière accepte la forme. Ce choix n'est pas sans risque, car l’édifice sera exposé à la lisière de la mer, précisément à l'endroit où les vagues menacent d’effondrer ce qui se dresse. Rapidement, iels acquièrent des connaissances intuitives quant à la qualité du sable, sa densité, les variations d'humidités selon les différentes zones de la plage, et tant d'autres rituels qui amélioreraient la consistence des contre-formes extraites du seau, les détails ornementaux, le juste usage de brins d’algues, de cailloux, débris de verres polis ou coquillages. Chaque paramètre compte à mesure que l’architecture se complexifie. Loin du simple plaisir sensoriel, cette entreprise engage un corps qui creuse, tasse, verse, modèle, aiguise sa motricité fine. Poids, volumes, gravité, stabilité, équilibres, effondrements, chaos. 
C'est la forme du château qui s’est globalement imposée sur les plages, au croisement de représentations symboliques et culturelles  ; une forme architecturale simple et structurée, un canon qui se prête naturellement à des murs, des tours, des fossés, et se distingue par divers systèmes de frontières : le seau permet d'ancrer des tours, que des remparts rejoignent naturellement et qui, combinées à des douves pourraient freiner la course de l'eau qui s'approche. Un château qui devient support narratif, appelle personnages et aventures. Voué à s’effondrer, l’expérience de sa fragilité se fait en regard du labeur de sa création—qui demande temps et efforts. Dans le sable, l’enfant ne construit pas seulement un édifice, mais du sens.

Une assertion commune voudrait que les enfants construisent des châteaux de sable spécifiquement pour les détruire. Je ne le crois pas. Sur la plage, je n’ai aucun mal à trouver des constructions presque intactes encore, paisiblement abandonnées. Ce qu’iels ont laissé derrière elleux ne sont pas des ruines mais des histoires ; peut-être car il est difficile de détruire ce qui a demandé du soin à construire. Peut-être est-ce une invitation à y investir d’autres récits.

L’espace du jeu est déjà un espace construit en soi. Construire, dans le jeu, esquisse une forme d’éthique pratique, non normative, fondée sur la capacité à créer, agencer, organiser, mettre en relations, habiter et défaire des mondes. Le jeu implique ses propres conditions de cohérence, non pour produire de l’efficacité, mais pour rendre ce monde habitable. Il ne vise pas un résultat extérieur à lui-même ; il produit un ordre qui se justifie uniquement par le fait d’avoir lieu.

En cela, le projet a§s est aussi un château de sable. a§s est un outil d’expérimentations esthétiques, philosophiques, politiques et poétiques—c'est un espace collectif qui se transforme à mesure que chacun·e l’habite. Il est offert aux personnes invitées de déployer une proposition, qui usent des mêmes dynamiques présentes dans le jeu. moeder house musée est un satelite du projet a§s qui irradie autrement. moeder house musée  est un musée à échelle 1:12, aux proportions inspirées des maisons de poupées.

Cette proposition hybride conjugue un projet architectural à une institution culturelle—il propose un shift radical afin de questionner les modèles culturels institutionnels, les pratiques curatoriales et les conditions dans lesquelles les œuvres d'art sont produites, exposées et perçues. moeder house musée sert d'outil de réflexion sur les musées aujourd'hui, et notamment une expérimentation sur l’économie du don dans l'art.

Le monde de l’art institutionnel a pleinement intégré une logique néolibérale productiviste et la dissimule souvent derrière un langage policé. Les institutions fonctionnent par extraction du travail et depuis la vulnérabilité d'une immense partie des artistes, tout en affichant des valeurs de care et d’horizontalités qui restent largement sporadiques. Cette dissociation entre valeurs proclamées et conditions matérielles n’est pas une contradiction, mais un mécanisme : l’éthique sert d’alibi, absorbe la critique et empêche le changement. Le système se maintient ainsi sans se transformer et la précarité, l’opacité, l’instabilité deviennent une norme. C'est pourquoi, moeder house musée  tente une alternative, transformé en maison de pupilles
le terme poupée étant étymologiquement hérité de pupille, il nous permettra ici d’honorer quelques orphelin·ex autant que la petite image qui se reflète dans vos yeux attirés. L'envergure de ce musée, d’une plus grande souplesse, met à l’épreuve cette économie du don appliquée à touxtes, comme une règle du jeu, en adaptant notamment ses productions à l'échelle 1:12. 
La miniature explore ici une éventualité : elle voudrait fluidifier et faciliter la circulation des productions par la modestie qu'impose son format. moeder house musée est un outil expérimental qui nous permet de manipuler ces questions.

Le sérieux du jeu permet de s’y engager intensément et toujours de manière réversible : on entre dans ce monde, que l'on peut habiter, puis quitter. Chaque élément compte parce qu’il est choisi, non parce qu’il est nécessaire. L’ordre ludique est toujours révisable, il maintient les choses dans un état de disponibilités. Car le jeu fonctionne au conditionnel : il ne dit pas ce qui est, mais ce qui pourrait être, tant que l’on y consent, et cesse de l’être sans produire de perte. Il n’abolit pas le réel, il en suspend localement les nécessités, en créant un espace où ce qui advient n’est ni imposé ni indifférent. Les narrations qui traversent ces espaces ne sont jamais closes, toujours prêtes à se transformer. Les mondes qu’il fait apparaître n’ont pas vocation à s’imposer, à prétendre trouver des solutions, seulement à être éprouvés. Tout peut être rejoué. Et cette réversibilité est décisive : ces disparitions n’annulent pas l’expérience, elles les protègent.  

Plutôt que de considérer le jeu comme une analogie romantique ou une métaphore poétique, il s'agit plus exactement d'une forme de rigueur singulière. Le jeu est un geste philosophique discret mais radical : la démonstration que du sens(ible) peut apparaître, que des mondes peuvent être imaginés sans être imposés, et que ce qui disparaît n’en a pas moins été pleinement réel. Le jeu permet de maintenir une relation vivante à l’imagination et aux désirs qui fondent sa créativité.

Peter Fischli et David Weiss, Haus, 1987
Queen’s Mary Doll House, Edwin Lutyens, 1920
“transformers”
Sir John Soane Museum, section, 1835
Eléphant triomphal, Charles-François Ribart, 1759, Paris
Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince, un éléphant dans un chapeau, Lithographie
Enfants construisant des châteaux de sable

Mother, l’intelligence artificielle à la tête du vaisseau dans Alien, 1979
Set design d’IFHY de Tyler the Creator
Etienne Louis Boullée, Cénotaphe pour Newton, 1784
Etienne louis Boullée, Opéra, 1784
Wim Delvoye, etui, 2005
Wim Delvoye, etui, 2005
Rachel Whiteread, untitled (domestic), 2002, New-York

Mère miniaturiste dans Hereditary
H&M logo
Cinq étages du monde parisien, composition de Bertall—à la manière d’une planche de BD où une narration se déploie, 1845
Plan de Chambord, 1519
(en attente)
Mother of Thousands, plante



Que nos joies demeurent


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